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International

Leçon de diplomatie de la part de l’Elysée

Grâce au Président SARKOZY et à sa diplomatie éclair, un très important premier succès vient d’être obtenu en Géorgie : le processus de paix est engagé.

La Russie et la Géorgie ont accepté d’ouvrir des discussions sur la base des propositions avancées par la France : c’est essentiel.

Ce succès personnel du Président SARKOZY est le fait d’une diplomatie équilibrée qui préserve le maintien d’un dialogue permanent et permet à la Présidence Française de l’Union Européenne de tenir la place qui lui revient sur la scène internationale.

Patrick DEVEDJIAN
Secrétaire général

Communiqué du 13 août 2008


Le Figaro: Laure Mandeville
18/08/2008

À Moscou, puis à Tbilissi, le président françaisn’a pas ménagé sa peine pour parvenir à un accord.


La folle journée de Nicolas Sarkozy en Russie et en Géorgie, mardi, est à l’image de ces missions éclairs menées au galop dont le président français raffole. L’été dernier, il se saisissait du dossier des infirmières bulgares, avec le succès que l’on sait. Cet été, c’est le conflit russo-géorgien qui réclamait en urgence les bons offices d’un «facilitateur de paix». Mais cette fois-ci, ses homologues européens ne pouvaient pas lui reprocher de tirer la couverture à lui. Le président de la République est en effet doté, pour six mois, d’une légitimité européenne, en tant que président en exercice de l’UE.

Cette mission en deux étapes, à Moscou puis à Tbilissi, deux mille kilomètres au sud, restait néanmoins un exercice de «navette diplomatique» risqué. Les Russes ne s’y sont prêtés que parce qu’ils ont eu le sentiment que la partie était gagnée et qu’il était inutile de pousser plus loin leur avantage. Encore fallait-il obtenir l’acceptation des deux parties sur un texte.

«Les États-Unis sur la touche»

L’opération a été menée depuis Paris en plusieurs étapes. La veille de l’arrivée de Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner s’est rendu à Moscou, après vingt-quatre heures passées en Géorgie et en Ossétie du Sud. Le chef de l’État lui a demandé de rassurer les Géorgiens pendant que lui-même s’occupait de discuter avec les Russes. Le 8 juillet, il avait croisé brièvement Vladimir Poutine à Pékin, à l’occasion de l’ouverture des JO. «Écoute, c’est une erreur de Saakachvili, il faut sortir de cette crise», lui avait-t-il glissé. «Je ne peux pas laisser faire ça», lui avait répondu le premier ministre russe, totalement déterminé à se montrer implacable. Revenu, après les JO, dans la propriété de sa belle-famille, au cap Nègre, sur la côte varoise, Nicolas Sarkozy a donc multiplié les échanges téléphoniques avec ses partenaires européens Angela Merkel surtout, Silvio Berlusconi et les cabinets de José Luis Zapatero et Gordon Brown , pour déterminer une position commune aux Vingt-Sept. Le plus dur aura été d’apaiser le président polonais Lech Kaczynski, particulièrement remonté contre son grand voisin russe. Avec les Russes, Sarkozy ne veut pas d’un voyage pour rien. À Dmitri Medvedev, qui veut «virer» le président Saakachvili, il explique que cette condition est inutile : il s’est «grillé» tout seul. Les Russes savent désormais que le rêve géorgien de rejoindre l’Otan ne deviendra pas réalité.

Depuis le début, l’Élysée sait qu’il y a une fenêtre de tir pour la diplomatie européenne. La chance du président en exercice de l’UE, sur ce dossier comme sur celui du Proche-Orient, tient en un simple constat : l’affaiblissement de George W. Bush et le retrait des États-Unis de la scène internationale jusqu’à l’élection du nouveau président. Dans l’entourage de Sarkozy, certains se disent «fascinés» de voir à quel point «les États-Unis sont sur la touche» dans ce dossier. Wa­shington, de son côté, tente de dissuader Sarkozy d’y aller. Bush fait passer le message : «Tu vas arriver au Kremlin quand les Russes vont envoyer des missiles sur Tbilissi !» Accompagné d’une équipe restreinte, le président a donc déboulé vers 13 heures dans un salon d’apparat du Kremlin où l’attendait le président Medvedev, tout sourire. Le décorum n’a pas bougé depuis les tsars : plafond céruléen, colonnades roses, marbres émeraude. Deux vieux téléphones blancs, sans doute inchangés de­puis Khrouchtchev, sont posés sur un bureau. Sarkozy connaît à peine Medvedev, mais il apprécie sa jeunesse : «Vous vous rendez compte, il n’a que 42 ans, et il est président de la Russie !», s’exclame-t-il ce jour-là. Sauvegarder le principe de la souveraineté géorgienne Le chef de l’État le sait bien, c’est le tout-puissant Poutine qui tire les fils, mais il souligne aussi que c’est avec Medvedev qu’il a traité toute l’affaire géorgienne. Par téléphone d’abord, en tête-à-tête ensuite, et lors de la conférence de presse finale. Lors du déjeuner de travail, Poutine lui dira, avec son humour glaçant, à propos du duo qu’il forme avec Medvedev : «Nous sommes comme dans les films, il y a un gentil juge, et un méchant.» Le «gentil» Medvedev, pourtant, ne mâche pas ses mots. Lors de la conférence de presse qui suivra, il aura cette formule saisissante, à propos de Saakachvili : «La différence entre les fous et les gens normaux, c’est que les fous, quand ils sentent l’odeur du sang, il est très difficile de les arrêter.» Le ton est dur mais les Russes ont accepté l’accord. «Poutine s’est soudain souvenu qu’Eltsine avait lui-même accepté l’idée d’une Géorgie souveraine», commente un diplomate. Son accord en poche, Nicolas Sarkozy file donc dans son A 319 présidentiel vers Tbilissi, avec quatre heures de retard. Il refuse toute idée d’un accord «munichois», qui céderait tout aux Russes. Pour lui, l’essentiel est d’avoir sauvegardé le principe de la souveraineté géorgienne. Il atterrit à 22 h 15, heure locale. Dans la nuit géorgienne, Saakachvili, avec sa haute carrure, l’accueille à la descente de l’avion. Visage lavé par la fatigue et l’épuisement nerveux, le Géorgien en­traîne son homologue dans sa voiture, en route vers le Parlement, dans le centre de Tbilissi.

La très charmante capitale géorgienne est animée d’une effervescence méridionale. Le cortège présidentiel entre dans la cour intérieure du Parlement. «On est loin de l’organisation russe», sourit un membre de la délégation française, en constatant que règne une atmosphère d’improvisation «très latine». Devant le Parlement, quelques milliers de partisans de Saakachvili attendent en écoutant les interventions du patriarche orthodoxe, des présidents ukrainien, polonais et baltes qui ont fait le voyage de leur côté pour soutenir leurs amis, alors que «tremble la terre à l’approche de l’ogre russe», selon la formule d’un militant géorgien. Dans la masse, des bougies et des drapeaux blanc et rouge de la Géorgie, on distingue quelques drapeaux français. De la cour où se trouve Sarkozy monte la clameur de la foule. «Tu veux aller les voir ?», demande Saakachvili. «Pas avant que tu aies accepté l’accord de cessez-le-feu», lui répond Sarkozy.

«Une ambiance surréaliste»

Les deux hommes grimpent alors les étages jusqu’à une petite pièce d’où on entend encore l’éclat sourd des chansons folkloriques. «L’ambiance était surréaliste», admet un diplomate. Et, à la surprise de Nicolas Sarkozy, Mikhaïl Saakachvili n’a pas l’intention de se laisser faire. Objectivement, Saakachvili n’avait plus aucune marge de manœuvre, mais il était plus combatif que la veille», constate un témoin de la scène. Un conseiller «américain» se penche sur l’épaule du président géorgien et refuse le mot «statut» dans la phrase qui propose «le lancement de négociations internationales sur le statut de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie».

Qu’à cela ne tienne. Il est minuit passé, et Sarkozy fait appeler Medvedev. «Rappelez demain matin», répond le Kremlin. Nicolas Sarkozy insiste. Finalement, Dmitri Medvedev est au bout de la ligne. Le Français obtient l’accord de son homologue russe. En quittant le Parlement, Sarkozy croise les présidents ukrainien, baltes et polonais. Il est une heure du matin, et la foule des supporteurs de Saakachvili s’est dispersée.

«Il était là pour négocier, pas pour s’offrir un coup de pub», justifie un proche. Le président français laisse derrière lui une ville redevenue paisible. Retour en France dans la nuit.

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Adhérent et militant actif du Parti Radical Valoisien du Pays de Montbéliard.

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