Monsieur Eric Woerth, Ministre du travail, a présenté mardi 16 juin le plan gouvernemental visant à sauvegarder notre système de retraite par répartition, l’un des piliers de notre système de solidarité intergénérationnelle, avec comme objectif un « déficit 0 » à l’horizon 2018.
Le projet présenté vise à augmenter la durée d’activité, en répartissant équitablement l’effort entre les salariés
- En augmentant de manière progressive l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans en 2018, suivant ainsi l’évolution de l’espérance de vie.
- En faisant porter l’effort sur l’ensemble des salariés :
- Salariés du privé (allongement de la durée de cotisation, calquée sur la progression de l’espérance de vie)
- Salariés du secteur public (augmentation des cotisations retraites et allongement de la durée de cotisation)
- Régimes spéciaux et fonctionnaires en « catégorie active » (augmentation de l’âge légal de départ à la retraite de 2 ans)
- Tout en préservant et élargissant les dispositifs « carrières longues » et la mise en place d’un mécanisme pour prendre en compte la pénibilité du travail
- En ne demandant pas le même effort à tout le monde, mais au contraire en permettant à ceux qui ont une vie professionnelle plus dure de partir à la retraite plus tôt que les autres.
- En assurant une meilleure prise en compte des maternités (prise en compte de l’indemnité journalière perçue durant le congé maternité dans le salaire de référence) et chômage (passage de 4 à 6 trimestres validés par la solidarité lorsqu’une personne est au chômage)
- Par l’assouplissement des conditions d’accès au bénéfice de la revalorisation du minimum de pension agricole pour les femmes exploitantes agricoles
- Avec la modification des règles du minimum vieillesse, permettant aux agriculteurs ayant peu cotisé d’avoir au moins 709 EUR de retraite pour une personne seule, tout en excluant les terres et corps de ferme du recours sur succession.
L’équité du système est renforcée par des mesures de recettes ciblées et d’une plus grande convergence entre public et privé grâce :
- Au développement de l’emploi des seniors, par l’instauration d’une aide à l’embauche d’un salarié au chômage âgé de plus de 55 ans.
- A la hausse des cotisations des fonctionnaires, pour les ramener au niveau de celles du privé (étalement sur 10 ans), suppression du dispositif de départ anticipé sans condition d’âge pour les parents de 3 enfants et application de la même règle d’obtention du minimum garanti (validation de tous leurs trimestres ou âge d’annulation de la décote).
- A la mise à contribution des citoyens les plus favorisés (augmentation d’1 point de la dernière tranche d’impôt sur le revenu, des prélèvements sur les stock-options, sur les plus-values mobilières et immobilières, et retraite chapeaux, modification des taux et suppression des franchises d’impôt sur les dividendes), sans pour autant être confiscatoire, à l’inverse d’autres pseudo-propositions que nous avions pu découvrir au cours des semaines écoulées. Comme le dit le ministre « La France n’est pas un gigantesque réservoir d’impôts nouveaux » ….
Enfin, un effort d’information sans précédent sera fait à destination des assurés pour leur permettre de comprendre les règles de retraite par :
- La transmission aux nouveaux assurés, lors de la validation de leurs premiers trimestres, d’un document d’information sur le système de retraite (en particulier les mécanismes d’acquisition et sur les impacts des événements affectant la carrière)
- La mise en place un « point d’étape individuel retraites » à 45 ans pour leur permettre de faire très tôt les bons choix en matière de retraite.
- Par la mise en ligne d’un relevé de carrière couvrant tous les régimes de retraites.
Ainsi, pour la CRPM, les propositions du Gouvernement apparaissent justes, responsables, raisonnables et efficaces. Bien entendu, il ne s’agit pour l’heure que d’un projet, amendable par le parlement, les propositions des syndicats – voire soyons ambitieux par l’opposition …

A propos de Stan Mercury
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Nous sommes face à un problème démographique (arrivée massive des personnes nées durant le baby-boom couplée à une augmentation de l'espérance de vie) qui se traduit par un financement n'arrivant pas à couvrir la totalité des besoins.
La gauche critique le fait qu'un effort est demandé aux salariés. A un problème majoritairement démographique, la réponse est porté à 50 % par … des mesures démographiques, tout en garantissant les règles de carrières longues et de pénibilité. N'est-il pas normal d'avoir une durée de travail "indexée" sur la durée de la vie ?
La Gauche critique une soit-disante absence de justice. Mais que dire de la mesure visant traiter tous les salariés (du privé ou du public) sur le même pied d'égalité d'un point de vue cotisations (durée et taux) ?
La Gauche (et certains syndicats) critique la "brutalité du changement". C'est sur que raccorder en 2018 s'apparente à une réforme menée à Mach 5 … La gauche critique le calendrier de présentation et vote des réformes. Si on les suit, il ne faut pas le faire maintenant, car coincé entre a coupe du Monde de Foot et le 14 juillet, puis présenté au parlement à la rentrée … Doit-on interrompre les réformes structurelles au motif d'évenements sportifs, culturels ou encore de congés – voire même d'élections ? …. C'est bien connu, le bon calendrier de la Gauche c'est de ne rien faire du tout (surtout à l'approche d'échéances électorales) …
La Gauche critique la faiblesse des prélèvements sur les revenus du capital, mais pourtant le même PS n'hésite pas : hausse des cotisations (comme chacun sait, ce genre de mesure est excellente pour le pouvoir d'achat …. et l'emploi en renchérissant le coût du travail), prélèvements confiscatoires entre autre sur la participation et l'interessement (qui d'autres que les salariés en seraient victimes ?), taxe sur les bénéfices des banques (et comment assure-t-on le financement les années ou les profits fondent ?).
Je ne partage pas la conclusion de l'article. La Gauche (et pour une large part les syndicats francais) ne seront jamais force de propositions. Les premiers ne distillant que leurs vieilles lunes habituelles (le traitement par l'impôt) et une volonté délibérée d'immobilisme par pur effet clientèliste, les seconds restant arc-boutés sur les "avantages acquis" d'autres temps, faisant fi des évolutions (démographiques, techniques, sociétales, ….) apparus depuis la mise en place des organisations issues des travaux du CNR il y a près de 60 ans …
Stan
Posted by stan Mercury | 19 juin 2010, 9:40D'accord avec Stan mais la vrai question est selon moi: pourquoi continuer à vouloir sauver un système de retraite dont les jeunes actifs ne profiteront jamais?
Le gouvernement n'a pas d'autre choix car en l'occurrence le pays se souleverait d'un coup d'un seul…
Les français n'ont pas compris que les retraites comme la sécu sont des systèmes en fin de vie qui entraineront les générations vers une mort lente.
Posted by d'accord | 19 juin 2010, 12:30